Ciné le 18 janvier : The Man & Le Mans

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The Man and Le Mans : retour sur le film « Le Mans » de l’acteur/pilote/producteur Steve MacQueen

Ce film documentaire, co-produit  par Chad  McQueen -le fils de Steve- est le témoignage précieux réalisé à partir de rushes du film « Le Mans » que l’on pensait perdus ou détruits jusqu’à aujourd’hui.

Tout au long de ce documentaire, on peut y entendre la voix de Steve McQueen, les témoignages de nombreux pilotes et acteurs.

Durant les quatre mois du tournage, débuté le 17 juin 1970, pas loin de 305 km de pellicules auront été utilisés. Steve McQueen va s’entourer de conseiller techniques professionnels de la course : Derek Bell, David Piper, Jonathan Wild, Jackie Ickx, mais aussi Beltoise, Larrousse, Pescarolo, Jabouille et d’autres encore !

Dans une première partie, on y découvre un Steve McQueen bien loin de l’icône des années 60 que l’on connaissait et alors surnommée « le roi du cool » : il s’agit au contraire d’un homme perfectionniste, soucieux du détail, contrastant avec son image. On y voit la transformation d’un homme en même temps que celle d’une époque et du cinéma ; acteur, il devient producteur (Solar production), décide de tout, écarte les scénaristes et décide de sacrifier l’intrigue pour mieux mettre en valeur la course automobile au risque de connaître l’infortune.

La seconde  partie dévoile nombre d’anecdotes sur le tournage du film. On y découvre un Steve McQueen, qui en vue de la préparation du film, participe aux 12 heures de Sebring  et termine second, le pied pourtant fracturé. L’acteur devient à cette occasion un pilote reconnu, un coureur professionnel.

Son sens de la course lui était tellement personnel qu’il voulait filmer, sans aucune concession, toute la course et les pilotes. « Il faut viser haut avec un film comme Le Mans, sinon il faut pas le faire » dira-t-il.

Il innove : des caméras sont placées sur des voitures. De toutes ces voitures, la plus étonnante est une Ford GT 40 (N° chassis 1074) achetée à John Wyer et transformée en Spyder. Elle est équipée d’une caméra Arriflex 35 mm installée dans une tourelle derrière le pilote au centre de la voiture. La caméra (qui peut pivoter sur 180° pour filmer les voitures qui doublent) est pilotée par le cameraman assis à gauche du pilote. Il peut visionner les prises de vue sur un écran de contrôle placé au-dessus de ses genoux. Une caméra Mitchell était également fixée du côté de la porte gauche.

Steve McQueen dira qu’ils ont franchi le mur du film. Une expérience visuelle. Filmer à la vitesse de la course. Les scènes sont chorégraphiées et suivent les instructions du réalisateur. Chaque pilote a risqué chaque jour sa vie sur le tournage en roulant à 350 km/heure réels. Plusieurs accidents graves de pilotes émérites seront d’ailleurs à déplorer.

Sorti en 1971, la critique du film est mitigée ; Steve McQueen, alors malade, n’assistera pas à la  première.

« C’est le plus beau film documentaire sur l’âge d’or de l’automobile » témoignera pourtant Dereck Bell, 5 fois vainqueur des 24h du Mans.

Steve McQueen a permis au cinéma d’avancer. C’était un homme en avance sur son temps, un visionnaire du cinéma, passionné par la course automobile !

Quelques informations complémentaires :

– le film n’a été projeté qu’une fois en France, une seule séance au Mans ; la soirée du 18.01.16  au cinéma « Les 400 coups » à Angers est donc exclusive

– la soirée est organisée avec le concours d’Isabelle Tarrieux, directrice des 400 coups, Laurent Guerin (GT Passion) et quelques passionnés comme Pascal Auré et Pascal Rouiller

– la projection sera suivie d’un débat avec Didier Jeudy, dessinateur et peintre de l’automobile